formation avalanche

Jean-Pierre a suivi récemment une formation avalanche : il nous transmet ses notes :

POUR QUE LA MONTAGNE RESTE UN PLAISIR


Comme l’a dit , le président du CAF TOULOUSE  dans sa brochure :

  «  Pour que la montagne reste un plaisir , nous avons tous une vraie responsabilité à assumer la préparation et les conduites de nos courses  selon les règles de l’art »

   

FORMATION ANENA du 10 Novembre 2007 à TOULOUSE

 

( Tentative de résumé .. )

 

  La journée s ‘est organisée autour de 4 interventions :

  1 - influence des conditions météo sur le risque d’avalanche et le mécanisme de

déclenchement des plaques

  • 2 - les influences du comportement sur les risques et les pièges de l’inconscient

  • 3 - Choix de la trace avec présentations de cas ( photos et cartes )

  • 4 - Secours en montagne en cas d’avalanche

 

 

Voici ce que j’en ai retenu :

 

  • 1 - influence des conditions météo sur le risque d’avalanche et le mécanisme de déclenchement des plaques

  Cette partie a été trop technique à mon goût et la présentation confuse ; elle présentait les types de flocons, leurs transformations en fonction des températures et des gradients de température . Peu d’explication ( ou alors confuses ) sur le lien avec les causes des déclenchements d’avalanche si ce n’est la présentation des fameux gobelets constituant la fameuse couche fragile sur laquelle vont glisser les plaques ; présentation des modèles informatiques …

 

Présentation des mouvements des plaques rupture, parfois simple affaissement ( se rappeler du raid en ALBARON ou le dernier jour juste après l’albaron , dans la dernière descente avec Philippe et Manu on est « descendus » de quelques cm sans que la plaque ne parte en glissement .. ) et puis glissement ( rapport des forces de glissement sans intérêt à développer ici ) .

 Aller sur le site de l’ANENA dans la rubrique « petit traité de nivologie » pour tout savoir sur ce thème et en particulier sur l’influence des conditions météo sur la neige ; c’est très bien expliquer.

  

  • 2 - les influences du comportement sur les risques et les pièges de l’inconscient

  On rentre dans le vif du sujet ; compte tenu que 90% des avalanches sont provoqués par les skieurs eux-même , l’exposé a rappelé des évidences qui permettent de minimiser le risque mais il est bon de les rappeler :

 

  • partir en rando à ski avec un groupe homogène : ( problème d’horaire directement lié aux conditions de neige et de maîtrise des virages s’il faut rester dans une zone bien précise )

 

  • partir en groupe si possible réduit ( 7 à 8 max ) ; au delà , en situation critique, les consignes sont difficiles à passer ; dans le cas de collective, il est impossible d’assurer seul la sécurité d’un groupe de 20 personnes .

 

  • la désignation d’un « leader » pour ne pas dire « chef » est impérative ; il faudra se plier à ces décisions ; la mise en vote d’une décision pour faire demi-tour par exemple , en cas de groupe sans leader affirmé ne peut se faire que si tous les votants ont la même expérience sous peine de fausser la décision ; le chef , malgré tout devra savoir écouter, les observations du milieu faites par certains d’autres membres ; mais une fois la décision prise par le leader, il faudra s’y tenir.

 

  • Le risque est encore plus grand lorsqu’il s’agit de sortie entre amis ou l’absence de leader rend plus difficile la juste analyse et la prise de décision qui convient .

 

  • Le leader devra faire la trace ou la laisser pour se reposer à quelqu’un d’expérience mais en restant en second ; le leader ne doit, sous aucun prétexte ( du genre s’occuper d’un débutant ou régler des problèmes matériels ) laisser le groupe s’engager dans une situation qui peut devenir irréversible ( pente glacée , ou trop chargée .. )

 

  • En cas de danger , l’espacement est à respecter mais ce n’est pas si simple que cela paraît ; on verra plus tard dans le chapitre sur le choix de la trace qu’il faudra savoir ne pas s’engager dans des larges pentes même débonnaires si à un moment donné, même malgré l’espacement tout le groupe est engagé dans la zone «bayable » par l’avalanche .

 

  • A un col , le « leader » devra savoir attendre ; il ne faudra pas « basculer » car en cas de problème sur le versant initial , les minutes pour remonter au col seront perdues pour « sortir »  les copains . ( Se rappeler des sorties « nocturnes » de VIELHA à la RESTANQUE ou bien celle de BASSIES ..) ; on est jamais trop nombreux pour peller dans une avalanche .

 

  • Ne pas négliger les faibles pentes ; un exemple a été présenté d’un accident mortel survenu derrière une bosse ( rupture de pente ) dans une pente inférieure à 20 ° .

 

  • Savoir apprécier les dangers autour de nous et pas seulement sous nos skis ; les dangers sont aussi au dessus de nous et même en dessous ( se faire emporter dans une barre )

 

  • Savoir s’arrêter pour tester la neige ( avec le bâton ou la pelle ) pour jauger la couche de poudre et repérer les couche fragiles (gobelets ) . Evaluer la hauteur de la dernière chute et la comparer à celle donnée par le BRA.

 

  • Une présentation du test du bloc a été faite ( découpe d’une colonne de 70x40x25 ) mais cela m’a paru irréaliste en rando ; on pourra toujours essayer …

 

 

 

Pièges de l’inconscient :

 

Avec des exemples d’accidents tous véridiques ( relatés par des survivants aux membres de l’ANENA ) , il a été présenté des situations ou l’inconscient peut amener à l’accident ; chaque situation est dénommée par un syndrome :

 

 

  • syndrome du « diamant » : 3 gars très forts en ski partent faire des couloirs nord de la grande ruine en OISANS ; en passant ils voient un couloir « mythique » dont ils rêvent , rarement en conditions qui , ce jour là , semble l’être ; ils décident d’y aller ; 1 des 3 renonce , deux s’engagent et malgré certains signes défavorables qu’ils repèrent au fil de la montée , ils continuent ( chacun faisant confiance à l’autre ) et c’est l’accident .

 

  • syndrome du « lion » : vouloir sortir à tout prix d’un couloir ou d’un sommet malgré des dangers objectifs .

 

  • syndrome de « l’habitude » : 3 gars qui font de la rando depuis 20 ans ensemble sans arva ni pelle ( je ne pense à personne … ) décident une rando avec deux sommets ; ils connaissent la rando par cœur , l’ont faite des dizaines de fois ; lors de la montée au premier sommet , 1er alerte , une plaque qui s’affaisse mais ne « descend pas »  ; ils renoncent au 1er sommet mais décident quand même de s’engager sur le second « même exposition » : ils l’ont fait des dizaines de fois et c’est trop nul de revenir par le même chemin… et c’est l’accident.

 

  • syndrome du « paon» : 2 couples en rando dont un récemment formé : 3 grenoblois(e) et une fille de la maurienne récemment avec son compagnon ; elle est très forte en ski mais n’a jamais fait de rando ; à un col pour redescendre, le « leader » demande  de partir en traversée pour éviter un départ raide avec rupture de pente ; malgré la consigne , pour frimer devant son compagnon … elle part dans la pente qui se dérobe sous elle et c’est l’accident .

 

  • syndrome de « l’aura de l’expert » : un gars qui ne fait que ça ( il skie toute l’année y compris à l’étranger , c’est un fou de ski ) à la GRAVE ; il voit les vallons de son balcon et le couloir de la banane ?? ) s’en va seul malgré un risque fort dans un couloir dont il connaît le moindre cm2, il l’a parcouru plusieurs fois, n’a jamais vu une coulée dedans sauf que ce jour là c’est parti ; il ne doit son salut qu’à un miracle : il avait son arva ( bien que seul ) et deux gars passaient sur la crête au moment ou ça a cassé .

 

Donc, il sera bon au cours de nos futures rando « d’être conscient de notre inconscient »

 

 

  • 3 - Choix de la trace avec présentations de cas ( photos et cartes )

 

5 Règles à observer :

  • Rien ne tombe de dessus

  • Rien ne part sous nos pieds

  • Ne pas être pris en même temps

  • Penser au risque avalancheux du BRA et éviter les zones citées dangereuses

  • Anticiper un accident potentiel

 

Il faut savoir croiser à tout moment 3 facteurs ( homme, conditions et terrain ) et ce en préparant la rando, au départ de celle-ci et pendant les éventuels moments critiques .

 

Pour cela quelques règles ont été rappelées :

 

  • limiter les efforts ( rien ne sert de tracer raide bien au contraire ) ( je ne pense à personne … ) et limiter les prises de risque

  • se concerter avec le leader si vous observez des situations ( plaques sur d’autres versant ) qui auraient pu lui échapper.

  • savoir renoncer ( en cas de brouillard ou de jour blanc , une situation avalancheuse devient vite catastrophique )

  • percevoir le milieu et ses évolutions :

 

. le vent ( congères, corniches , givre opaque )

. la couleur de la neige ( mat neige froide , brillant versant au sol : gel-regel )

 

  • Maîtriser la lecture de carte :

 

. apprécier la raideur de l’itinéraire mais aussi les pentes au dessus et en dessous ( boite aux lettres )

. apprécier l’orientation des pentes et l’influence des crêtes

. savoir apprécier les combes, les ravins les ruptures de pente

. savoir apprécier les orientations défavorables ( BRA )

 

  • Evacuer les préjugés :

 

. pas d’avalanche en forêt ; c’est faux : dés qu’elle est skiable , il y a possibilité de départ

. en neige froide , les rochers ne sont pas des « ancrages » : circulation d’air autour …neige non stabilisée

. même après 4 ou 5 passages la pente peut encore partir ( exemple d’un pisteur embarqué dans une coulée en fermant une piste parcourue toute la journée en station )

 

 

  • Règles de parcours en cas de risque:

 

En montée

. privilégier les épaules

. pas de conversion les uns au dessus des autres

. ne pas s’engager dans des larges pentes même débonnaires si à un moment donné , même malgré l’espacement tout le groupe est engagé dans la zone « bayable » par l’avalanche ; dans ce cas privilégier même des couloirs un peu plus raides mais moins exposés ( la photo présentée était très parlante, moi un peu moins sans doute .... )

.autre remarque hors pb d’avalanche : en pente raide ou verglacée , ne pas attendre pour mettre les crampons ou les couteaux ; de toute façon on les mettra, donc mieux vaut les mettre en situation « confortable »

 

En descente

. visualiser les points d’arrêt « protégés »

. ne pas s’arrêter dans des contre pentes nord dans une descente en versant sud

. Dés que l’on a un doute sur une pente , ne descendre qu’un par un ( un photo a été présentée ou 4 personnes ont été ensevelies de front )

. Le leader peut rester derrière et dans ce cas « envoie » le meilleur skieur du groupe devant jusqu’au 1er arrêt protégé qu’il a décidé .

 

 

Ou mieux aller sur le site de l’ANENA dans la rubrique « tout savoir » « conseils pratiques »

 

 

  • 4 - Secours en montagne en cas d’avalanche

 

 

Rappels élémentaires du guide du PGHM sur la nécessaire obligation d’avoir ARVA-pelle-sonde ( A-P-S ) et ce par personne ( même dans le cas de sortie en solo ) avec rappel des temps pour « sortir » quelqu’un d’une avalanche :

 

. 10 à 12 mm avec A-P-S

. 25 à 30 mm avec A-P

. 1 à 2 heures sans pelle ni sonde.

 

Il rappelle que 70 % des rescapés d’avalanches ont été « sortis » par leur camarade.

 

Il raconte un accident en maurienne il y a quelques années : 7 participants , trois pelles ( cela ne vous rappelle rien .. ) , une plaque , 3 dessous dont un avec une pelle ; dans la précipitation celui qui va chercher les secours part avec la deuxième pelle ; conclusion 1 pelle pour 3 et 3 mecs dessous …

 

Rappel des règles à observer en cas de coulée si l’on n’est pas pris :

 

. j’observe les compagnons

. je fais un bilan sécurité : zone encore dangereuse ou non ?

. je note l’heure de l’enfouissement pour les secours

. s’il y a risque je place un guetteur : il faut éviter le sur-accident

. je donne l’alerte par GSM ( avant de descendre :plus de chance en haut que ça passe ) ou par fusée de détresse ( il a beaucoup insisté sur cet outil : 30 € )

. je divise la zone de l’avalanche en secteur à répartir en fonction des rescapés

. j’utilise tout le monde ; quelqu’un qui ne fait rien va paniquer …

. dés que j’ai repéré un corps, je creuse dans la pente pour arriver à l’horizontale ; il est très difficile de peller sur le dessus du corps

. dès la tête dégagée , vérifier s’il y a de la neige dans la bouche et l’évacuer

. ne pas tirer la victime mais essayer de dégager le thorax

. je fais un bilan vital de chaque victime

. je pense à traiter l’hypothermie ( couverture de survie , barrière anti-vent .. )

. je masse et je réanime avec bouche à bouche jusqu’à l’arrivée des secours ; « tant pis si on casse des cotes » dixit le gendarme … puis PLS

. je couvre la victime , j’enfouis les sacs et les skis à l’arrivée de l’hélico .

. dire au médecin si l’on a trouvé une poche d’air ou non , et de la neige dans la bouche.

. ne pas uriner sur la zone , dans le cas ou les chiens devraient travailler

 

Ou mieux aller sur le site de l’ANENA dans la rubrique « tout savoir » « conseils pratiques » « 

 

 

Se préparer avant la course :

 

  • enregistrer sur les GSM les n° des secours y compris à l’étranger ( ça passera peut-être de l’autre coté des crêtes )

  • Pour info dés 2008 , début de mise en place dans les Pyrénées d’une couverture radio pour les zones d’ombre du GSM

  • Faire le test ARVA mais plus sophistiqué que celui qu’on pratique : en ce mettant à 50 m en en avançant , chacun connaîtra ainsi la portée de son ARVA.

  • s’entraîner à la manipulation des ARVA et sonde ( un ARVA dans un sac enfoui ) et maîtriser la recherche avec 2 ARVA enfouis à proximité …

 

 

Présentation d’un cas avec solutions et actions à mener :

 

Cela a amener les réflexions suivantes ( un peu morbides , je vous l’avoue .. ) :

 

. on est 3 , 2 se font prendre , le premier camarade est retrouvé avec la sonde mais à 1.5 m ; il faut se donner 2 ou 3 minutes pour chercher le suivant et sortir le moins profond ; à 1.5 m il faudra, seul , plus d’une ½ h ....

 

. suivant la largeur de la coulée et le nombre de rescapés, adapter la méthode de couverture , en descente à skis lente , en fonction de la portée de votre ARVA ( des S si on est seul ou des descentes rectilignes en frontal si on est plusieurs pouvant couvrir la largeur de la coulée )

  . si on doit abandonner quelqu’un pour aller chercher des secours , le traiter contre le froid ( igloo , CDS, bougie .. )

    Conclusion du PGHM :

  La meilleur façon de s’en sortir c’est de ne pas avoir provoqué l’avalanche (90% des avalanches sont provoqués par les skieurs eux-même ) donc penser aux recommandations des 3 chapitres précédents .

    Bon c’est quand le prochainement entraînement à l’ARVA ?

  Bon ski à tous cet hiver , vivement la neige et à bientôt.

 

JPN

 

Présentation

  • : Club Alpin Français et Pyrénéiste de l'Aude
  • cafpa
  • : ski raquettes alpes pyrénées montagne sport
  • : Un club à la fois alpin et pyrénéiste ? Nous n'avons pas voulu choisir entre deux massifs : ici on aime toutes les montagnes ! Le CAFPA c'est le club de Carcassonne qui vous permet de découvrir les sports de montagne et pratiquer des activités de pleine nature dans une ambiance conviviale... Rejoignez-nous !
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Créer un Blog

Catégories

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Derniers Commentaires

création de blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus